Non, ce n'est pas un gros mot.
Mais encore une fois, c'est un exemple édifiant de comment le marketing est capable de faire du neuf avec du vieux. J'exagère un peu, mais à peine...
CULV signifie Consumer Ultra Low Voltage. Il s'agit d'une "nouvelle" plateforme pour PC ultraportables présentée depuis cette année par Intel, et destinée à concurrencer les plateformes VIA (C7 ULV), AMD (Yukon) et dans une moindre mesure, celle de Nvidia (sa plateforme Ion se compose d'un chipset Nvidia et d'un processeur Atom du même Intel).
De l'ultra-fin abordable...
Les CULV sont donc des ultraportables (avec écran 11 pouces ou plus) dotés de processeurs à ultra basse consommation, leur permettant d'adopter un design ultra-fin et une longue autonomie. Nouveau? Pas vraiment. Ce qui est plus nouveau, c'est la tranche de prix dans laquelle se situent ces machines : entre 500 et 700 euros. On peut donc considérer les CULV comme des ultraportables d'entrée de gamme.
Pour Intel, cette "nouvelle" catégorie d'ultraportables vient occuper le terrain, entre le netbook (écran 10 pouces et moins, processeur Atom, poids de 1 à 1,5 kg, prix de 250 à 400 euros) et le PC portable plus classique (écran 14 pouces et plus, processeurs Core 2 Duo, 2 kg et plus, 600 euros et plus).
Bon... Maintenant, posons-nous la question : comment un constructeur peut-il proposer une machine ultraportable à si bas prix, alors que de telles machines ne passaient pas sous la barre des 1000 euros auparavant ?
Tout simplement parce que la plateforme CULV "flambante neuve" exploite en fait des processeurs Intel vieux de 3 ans et peu onéreux. Certes, il s'agit de puces remises au goût du jour, plus compactes, aux performances énergétiques améliorées, mais basées sur l'architecture des bons vieux Celeron Mobile ou des Core 2 Solo ou Duo (simple et double coeur). On "repackage" du vieux pour en faire du neuf. Remarquez, il n'y a rien de mal à cela, sauf que cela sème quand même la confusion chez le consommateur, qui vient à peine de s'acheter un netbook pour faire de l'internet. Et qui se demande bien s'il a fait le bon choix, en voyant débarquer des nouvelles machines, avec des tailles d'écran un peu plus grandes, de meilleures performances, une autonomie plus longue... A des prix approchant désormais les 500 euros. D'un autre côté, à ce prix, les ultraportables CULV sont déjà en concurrence directe avec des PC portables plus conventionnels, dotés d'écrans plus grands, de performances nettement supérieures.
Pourtant, du point de vue des fabricants d'ordinateurs, l'offre CULV présente une opportunité de faire marcher le "business" quelque peu plombé vers le bas, par la crise et le repli des consommateurs sur les netbooks, qui se vendent en grands volumes mais ne rapportent guère de plus-value.
A voir si le succès sera au rendez-vous. Pour moi, l'autonomie sera un critère déterminant.
Voici quelques exemples de machines exploitant la plateforme CULV d'Intel, actuellement commercialisées :
- Il a même un lecteur optique intégré !
Medion Akoya E3211 (600 euros) : écran mat 13,3 pouces doté d'une résolution de 1366x768 pixels, processeur Pentium ULV SU2700 cadencé à 1,3 GHz, 4 Go de mémoire vive, disque dur 320 Go, lecteur-graveur DVD, batterie 6 cellules, poids de 1,7kg.
- Le portable "slim" et racé à prix abordable
Asus UL30A-QX105V (600 euros) : écran 13,3 pouces, processeur Intel Core 2 Duo SU7300 cadencé à 1,3 GHz, 3 Go de mémoire vive, disque dur 320 Go, batterie 8 cellules, Windows 7 Premium, 1,7 kg (pas de lecteur optique intégré).
- 8 heures d'autonomie annoncée...
Acer Aspire Timeline 3810T (600 euros) : écran 13,3 pouces, processeur Intel Core 2 Solo SU3500 cadencé à 1,4 GHz, 3 Go de mémoire vive, disque dur 320 Go, batterie 8 cellules, Windows 7 Premium, sortie HDMI, 1,6 kg (pas de lecteur optique intégré).
- Presque un netbook ?
Dell Inspiron 11z (à partir de 380 euros) : écran 11,6 pouces, processeur Intel Celeron ULV 743 cadencé à 1,3 GHz, 2 Go de mémoire vive, disque dur 160 Go, batterie 3 cellules, Windows Vista Basic (pas de lecteur optique intégré).
